Remédiation cognitive

Faire appel à la remédiation cognitive

Qu'est-ce que c'est ?

La remédiation cognitive et la rééducation cognitive sont des techniques d’apprentissage qui ciblent les aires du fonctionnement neuropsychologique. Ces aires cognitives sont impliquées dans l’apprentissage et donc dans le fonctionnement quotidien de notre cerveau.

Ces processus d’apprentissage utilisent des méthodes, conçues pour améliorer, booster, le fonctionnement cérébral des sujets dont les fonctions cognitives sont altérées, abimées. Cela s’applique à l’attention, la mémoire, le langage, les capacités visuo-spatiales et les fonctions exécutives. Celles-ci ont pu être altérées suite à un traumatisme, accident, ou une pathologie.

Quel est l'objectif ?

L’objectif de la remédiation cognitive est de soutenir les capacités cognitives spécifiques affaiblies, mais aussi de permettre le développement de nouvelles compétences. Le but est ainsi d’apprendre des stratégies compensatoires. La remédiation cognitive est principalement utilisée pour trois groupes de sujets :

– des patients ayant subi un traumatisme cérébral (AVC, tumeur, traumatisme crânien)
– des patients dont les fonctions cognitives ont souffert suite à une pathologie (la dépression, la schizophrénie, les effets secondaires de la chimiothérapie dans le cancer)
– des patients présentant des difficultés importantes face aux  apprentissages

En quoi cela consiste ?

Chez les patients qui présentent une atteinte cérébrale, la remédiation cognitive cible les fonctions neuropsychologiques suivantes et permet leur développement : l’attention et la concentration ; la mémoire ; la planification ; le contrôle de son travail ou de son comportement ; le réajustement suite aux retours d’expérience. La remédiation est également employée pour aider les enfants et les adultes qui présentent des difficultés dans les apprentissages.

Les difficultés d’apprentissage entravent la progression dans le domaine du langage. Cela inclus la lecture, la compréhension, la communication orale, écrite, l’arithmétique. Mais également, la compréhension d’informations non verbales (la notion de l’heure), ou d’informations visuelles, ainsi que la compréhension des interactions et codes sociaux.

La remédiation cognitive est aussi sollicitée pour aider le sujet à améliorer sa concentration, à résoudre des problèmes, à s’organiser, à identifier des erreurs, et à utiliser les retours d’expérience de manière efficace.

Deux approches sont majoritairement utilisées : restauratrice et compensatoire.

L’approche restauratrice consiste à entrainer, exploiter, les fonctions cognitives déficitaires. L’entrainement se réalise par le biais d’exercices. Cela augmente le recrutement des ressources cognitives nécessaires et permet ainsi l’amélioration ou le rétablissement des fonctions cognitives altérées. Elle peut être également dénommée stimulation cérébrale. Les patients cérébro-lésés ont été les premiers à bénéficier de ce type d’approche, qui par la suite s’est étendu à d’autres pathologies.

L’approche compensatoire, quant à elle, cherche à adapter l’environnement aux difficultés du patient en vue de réduire le coût cognitif de certaines activités. Nous utilisons des aides externes comme un agenda, un calendrier. Cette approche propose également l’acquisition de nouvelles stratégies cognitives pour pallier aux fonctions cognitives déficitaires dans le but de traiter les informations et de réaliser des tâches de manière optimale tout en diminuant la charge cognitive.

Cet accompagnement s’intéresse également à l’amélioration du fonctionnement, et des stratégies utilisées par le  patient au quotidien et cherche à agir indirectement sur les troubles fonctionnels.

Au fil du temps, le champ de la remédiation cognitive s’est nettement déployé et a permis la création de programmes validés scientifiquement. Ces programmes sont adaptés à certains troubles cognitifs ou pathologies, où les différentes approches se mélangent dans une vision intégrative.

Les programmes de remédiation cognitive sont en général d’une durée de trois mois. La remédiation cognitive est un moyen pour que le patient acquière un meilleur fonctionnement au quotidien.

exercice stimulation cerebrale

Les bénéfices de la remédiation cognitive

La remédiation cognitive permet de traiter, ou de limiter, l’apparition et le développement des troubles cognitifs, comme par exemple les problèmes de mémoire, de concentration, de raisonnement et bien d’autres. Ces troubles cognitifs ne peuvent pas être traités par les traitements pharmacologiques.

Études Neurosciences : les bienfaits

Des articles ont montré l’efficacité de la remédiation cognitive (Cicerone et al., 2011 ; Zucchella et al., 2014,McGurk et al., 2007, Schenin-King et al., 2016). D’autres articles ont montré l’intérêt de la remédiation cognitive auprès d’individus atteints de troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (O’connell et al., 2006).

Les bénéfices de la thérapie sont observés d’un point de vue cognitif (amélioration des capacités cognitives observée au moyen de tests neuropsychologiques standardisés), mais également au niveau clinique (observation au moyen d’échelles standardisées de qualité de vie et d’estime de soi, discours du patient sur sa confiance en lui et ses capacités).

Les bénéfices vont s’exprimer également au niveau du fonctionnement au quotidien du patient, avec le transfert des compétences travaillées lors de la thérapie. Cela permet aux patients de reprendre les études ou un travail, de vivre de manière autonome ou encore de reprendre des activités quotidiennes telles que la lecture, les tâches domestiques ou une activité sportive ou artistique.

Déficit de l'attention

Un TDAH a des répercussions tout au long de la vie et dans tous les espaces de la vie du sujet : scolaire, familial et social. Pendant l’enfance, la répercussion est évidente dans le cadre scolaire, et ce dès l’école maternelle : isolement, marginalisation. La répercussion est également familiale. Elle devient rapidement psychique et émotionnelle : démotivation, faible estime de soi, assises narcissiques fragiles.

Au moment de l’adolescence, la symptomatologie évolue et impacte plus sévèrement le devenir scolaire et social ; elle est associée à des comportements transgressifs, troubles de l’opposition et intolérance, et surtout à une tendance à la mise en danger (comportements à risque).

Pour les adultes présentant des trouble  ou déficit de l’attention, des troubles de la concentration et de l’investissement dans les tâches, s’ajoutent des comportements d’évitement quand les activités sont jugées trop longues et des déficits exécutifs.

Il s’agit alors de proposer aux enfants, qui présentent un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité, une remédiation cognitive structurée en Phases distinctes . La thérapie est constituée de séances individuelles hebdomadaires. Il est essentiel  d’associer d’emblée les parents, dont l’engagement est nécessaire pour soutenir le travail effectué en séance. Les séances individuelles sont constituées de dix à quinze séances, en fonction des déficits et des troubles, de l’âge de l’enfant et de sa capacité à prendre conscience de l’impact de ses difficultés.

déficit de l'attention

Comment les séances de remédiation cognitive se déroulent-elles ?

Les séances sont centrées sur des exercices spécifiques, personnalisés, qui visent une compétence attentionnelle particulière en fonction du niveau et de l’âge de l’enfant – chaque enfant bénéficie d’un certain type d’exercice, à un certain rythme, en fonction de ses difficultés et éventuellement d’un trouble cognitif particulier. Il s’agit d’un programme complètement adapté aux besoins du sujet, « sur-mesure ».

Un bilan neuropsychologique complet est donc indispensable, de même que des bilans spécifiques cognitifs pour construire les séances.

Habituellement, je reçois les parents, transmets la grille de contenu et leur demande de répéter le même type d’exercice deux à trois minutes par jour. L’enfant est au cœur du dispositif thérapeutique. Il faut donc expliquer à l’enfant les raisons de ce qu’il va faire, quelles sont les difficultés observées, et l’encourager, et lui expliquer ses réussites. L’objectif est de le rendre autonome dans la gestion de son trouble attentionnel. Le but est  alors de développer les capacités d’adaptation et de conceptualisation de l’enfant.

A la fin de chaque série de tâches on explique l’apprentissage et les modalités attentionnelle mobilisées : qu’a-t-on fait ? Pourquoi cela a-t-il fonctionné ? Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné ? Que reste-t-il à faire ? On fixe les objectifs de la séance suivante et on reste attentif à toujours associer les parents.

En fin de séance, on généralise l’apprentissage de la séance. On proposera alors une tâche de longue durée : on se rapproche d’une situation écologique, qui est celle que l’enfant vit tous les jours à l’école.

Remédiaton cognitive : des exercices de stimulation cérébrale

Une fois les troubles cognitifs identifiés, qu’ils soient isolés ou non, il est possible de proposer une remédiation cognitive.

On trouve aussi les termes de rééducation neuropsychologique, de réhabilitation ou réadaptation cognitive, ou encore de stimulation cognitive. Il existe des nuances entre ces techniques, mais le but reste le même, c’est d’améliorer le fonctionnement cognitif d’un patient par des stimulations : l’idée étant alors de muscler telle fonction ou fonctionnement cognitif grâce à l’entrainement.

Quels sont les sujets concernés par ces techniques ?

La remédiation cognitive réalisée par un neuropsychologue ou un psychologue se centre  généralement autours des difficultés attentionnelles, exécutives, mnésiques et de cognitions sociales. Ce travail est aussi recommandé en rééducation après une atteinte neurologique.

Pour les personnes qui présentent des fragilités psychologiques, on observe aussi des modes dysfonctionnels de pensée. Aussi, les personnes déprimées qui broient du noir et on observe une perte d’élan vital. Alors elles ne retiennent que peu d’éléments positifs ; ce fonctionnement constitue alors un cercle vicieux.

remediation cognitive

En lien avec la psychologie cognitive dont la neuropsychologie est la proche cousine, les remédiations cognitives peuvent aussi entrainer à relativiser les critiques extérieures, élaborer des de pensées positives. La remédiation cognitive participe alors dans le déploiement du regain d’élan vital, autour d’exercices consistant à améliorer la qualité de vie du sujet. Certains exercices vont donc avoir pour but de stimuler des modes de pensée. Cela dans l’objectif de limiter l’évolution de la dépression, la mauvaise estime de soi ou l’anxiété.

L’amélioration du potentiel cognitif par l’entrainement a un effet favorable,  le regain attentionnel permet de faire face à la vie quotidienne avec plus de succès, et réduira donc le risque de rechute d’une dépression.

Qui réalise ce travail ?

D’abord, il faut viser les fonctions cognitives ou modes de pensées impliqués dans les difficultés quotidiennes. De fait, certaines professions sont plus spécifiquement impliquées dans la rééducation de certains troubles spécifiques. Cela est en lien avec les bilans qu’ils font, qui nourri leurs connaissances de ces fonctions.

C’est ainsi que les psychomotriciens sont essentiellement à l’aise avec les aspects visuo-praxiques. Les orthophonistes sont plus spécialisés dans le langage oral et écrit, de même qu’en ce qui concerne les troubles logico-mathématiques. Les psychologues interviennent plus particulièrement dans les troubles de l’attention, des fonctions exécutives, la mémoire ou les habilités sociales.

Autre élément important : le praticien doit avoir un très large éventail de matériels. Cela est plus particulièrement vrai pour les praticiens travaillant auprès d’enfants, d’adolescents ou de jeunes adultes. Effectivement, les intérêts à 2 et 18 ans sont très différents… Or, l’ingrédient principal d’une thérapie efficace est bien le plaisir pris à travailler !

Comment cela fonctionne ?

L’entrainement lors des remédiations cognitives est particulier. Des stratégies telles que l’apprentissage sans erreur, la guidance, la verbalisation ou la résolution de problèmes rendent l’intervention plus efficace. Le psychologue, après avoir réalisé l’anamnèse et ainsi la compréhension du sujet dans son environnement s’attachera au caractère écologique des tâches a réaliser : on commence par des activités ludiques et on se rapproche de plus en plus d’activités s’approchant du quotidien. L’intensité de la prise en charge est par ailleurs importante : la prise en charge doit être assez étayante pour consolider le travail mené.

L’entrainement est important, mais il n’est pas le seul élément efficace dans ce type de thérapie. Il est très important de passer beaucoup de temps à faire le lien avec le quotidien. Le but est un transfert et une généralisation des compétences entrainées dans la vie réelle.

Par ailleurs, l’adaptation de la difficulté, les renforcements nombreux et l’apprentissage sans erreur permettent au jeune de voir qu’il réussit, de reprendre confiance en eux et se situer dans une dynamique positive devant ses troubles.

Comment cela se passe concrètement ?

Avec les petits patients, les « entrainements » se font sous forme de jeux, de challenges ludiques. Chez les plus grands patients, les supports sont plus complexes. Néanmoins, les adolescents comprennent bien pourquoi ils sont là et s’engagent généralement très volontiers dans ces tâches.

Plus les jeunes sont matures, plus il est aisé de faire du lien avec le quotidien et ainsi conscientiser le travail ; c’est d’ailleurs cet aspect qui participe sans doute le plus à leur évolution. L’accompagnement des plus petits présente d’autres avantages. Le plus notable est leur plus grande plasticité cérébrale, qui rend l’entrainement en lui-même plus efficace. Ainsi, chez les plus jeunes il s’agit plus de rééducation que de remédiation, bien qu’il y ait un continuum entre ces techniques très proches.

Idéalement, le travail doit être suffisamment intense : nous recommandons une séance par semaine pendant 4 mois pour un travail optimal. Cela est généralement enrichi par des tâches à faire à la maison ou des exercices sur tablette.